Honnêteté tyrannique…

Dans quelle fnac allons-nous vivre ? Pas celle que les salariés ayant un peu d’ancienneté ont connue. En effet alors que les commissions de reclassement liées au dernier plan social en date ne sont pas encore achevées, n’est il pas déroutant de voir que, parmi les disquaires, ceux qui ont la mine la plus réjouie sont les collègues qui vont nous quitter. Cela n’est pas l’image que les médias nous montrent des plans sociaux : tristesse, désolation, angoisse du lendemain. Est-ce à dire que ceux qui partent vivent cela comme une libération ? Comme des otages enfin libérés, comme les trouffions au moment de la quille (ça, non plus, les plus jeunes ne connaissent pas). Ou, comme un camp de travail qui ouvrirait enfin ses portes.

L’ambiance « Camp de travail » semble être celle qui s’instaure depuis peu dans les magasins. Faut-il y voir une relation de cause à effet avec des documents émanant de la direction définissant, au nom du diktat du NPS, des comportements « hors jeux ». Tolérance zéro*, hors jeu, certains ne manqueront pas avec une honnêteté tyrannique* de nous rappeler aux ordres à la moindre incartade.

L’image d’une république bananière, avec son armée de Généraux et de Colonels, tous plus indispensables les uns que les autres, pourrait aussi être celle qui vient à l’esprit imaginatif de certains observateurs. Même les sans grade prennent des galons et une importance qu’ils n’ont pas. La désorganisation des magasins y est pour beaucoup, l’absence de responsable dans certains départements faisant le reste. C’est pratique de déléguer les tâches administratives à certains collègues dont cela n’est pas le métier au départ, mais à l’heure où la direction insiste sur la satisfaction client, nous sommes de moins en moins nombreux pour y parvenir. Et quand d’autres prennent des initiatives qui n’ont rien à voir avec leur métier, juste pour ne pas être en reste, cela se complique encore…

* oxymore emprunté à un petit homme politique,

* oxymore non moins célèbre emprunté à un très grand poète

 Honnêteté tyrannique…
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Lille : Dominique Pfinder, disquaire, 34 ans à la Fnac, à mêler " boulot et plaisir "

Départ de six disquaires à la Fnac de Lille

Insoutenable…

Le Plan de licenciements disques est en cours, à la douleur de voir partir des collègues qui ont fait l’histoire et la pérennité de l’enseigne s’ajoute la colère de son déroulement

…D’incompétence
Lors de la première réunion de validation des départs « volontaires », le 18 mars le DRH Relais, avoue benoîtement que suite à un arrêt maladie au pôle RH, il a été impossible de réaliser la matrice permettant le calcul des indemnités de départ.
En gros, les 29 « volontaires » de cette commission n’ont pas bénéficié de renseignements éclairés. Qu’en penseraient des conseillers prud’hommaux ?
Mais promis, ça va s’arranger, dixit Mister DRH. Quand 15 jours après, les mêmes demandes sont remontées : les salariés ont fait le yoyo entre cellule de reclassement et RH locaux sans obtenir les renseignements nécessaires, la réponse, frappée au coin du bon sens et tout à fait adaptée tombe :« ça devrait plus être le cas ».
A la troisième réunion, la première liste des volontaires niveau 2 est établie. Il s’agit de salariés non impactés mais qui pourraient laisser leur poste à des disquaires qui risquent le licenciement économique. Cette liste est importante pour éviter les licenciements contraints, il manque juste un tout petit détail, le département d’origine…Concrètement, je suis disquaire je ne veux pas être licencié, je cherche dans cette liste un  poste qui pourrait me convenir, mais c’est impossible. Cette première liste sera affichée 5 semaines après que le PSE ait commencé.

….D’hypocrisie
Après moult renvois de patates chaudes entre Pic et RH, certains salariés arrivent enfin à avoir une évaluation de leurs indemnités par le Pic (cellule de reclassement), mais ces éléments ne sont transmis qu’à l’oral. Interpellé une nouvelle fois, par les représentant du personnel, mister DRH fait l’étonné « ah bon, je ne comprends pas pourquoi le PIC refuserait de fournir par écrit ces indications, mais promis je me renseigne.. ».
Après enquête, il s’avère que le Pic tient ces consignes directement de la direction RH.
Rassurons immédiatement les équipes du magasin, la direction, celle la même qui accorde généreusement à tous les salariés qui ne sont pas en pied de grille une augmentation de 1%, rétroactive à partir du 1er mars et qui oublie de la verser, affirme : [le PSE sera ]« sans impact à quelque niveau que ce soit sur les autres salariés ».

…De mépris
Dès l’annonce du PSE, salariés, experts, élus n’ont eu de cesse de demander un minimum d’information, de participation, d’anticipation. « Mé oui, mé oui, on sera très vigilants. » Résultat ? Alors que 54 salariés sont sont soit partis soit sur un départ très prochain, rien n’a été anticipé dans les magasins.
Pas de formation, pas d’amélioration de la logistique, alors même que les cabinets pro patronaux payés par la fnac pour analyser les conséquences de ce PSE sur les conditions de travail la dércivait comme un déterminant à la réussite  du projet.
Quant à communiquer auprès de tous les salariés, sur le déroulement, les possibilités etc…, il n’en a jamais été question.
La direction pense peut-être que si on n’en parle pas, ça n’a pas lieu et que personne ne remarquera les départs si discrets et l’ambiance ?

…D’inhumanité
Ce mélange de mauvaise foi, de mensonges d’incompétence trouve sa source dans l’indifférence manifeste aux enjeux humains. La détresse, l’incertitude, l’angoisse n’entrent pas dans un tableau excel !

Merci à tous les collègues qui partent pour ce qu’ils nous apporté humainement et professionnellement et belle vie ! Courage aux disquaires qui restent qui doivent faire le deuil d’un collectif de travail et d’un métier et à nous tous parce qu’au vu des derniers mois écoulés, on en aura besoin.

Insoutenable…

Salut *

Dans les prochaines semaines, nous allons non seulement perdre six collègues, mais aussi voir disparaître une grande partie de l’histoire de la Fnac de Lille.

C’est en septembre, comme le chantait Bécaud que nos collègues disquaires apprenaient la nouvelle, un PSE sur leur secteur qui leur fit se demander tout comme lui : Et maintenant ?
Si la bande à Basile s’attendait à cette nouvelle, elle en fut néanmoins surprise par le nombre de personnes concernées.
On ne fera pas comme Boris Vian la complainte du progrès pour expliquer les choix de la Direction, on dira juste qu’ils auraient pu s’émouvoir un peu plus de la perte que va représenter pour le magasin ces disquaires qui, s’ils avaient dû résumer leurs choix à l’époque d’exercer ce métier auraient dit tout comme Cabrel : je l’aime à mourir.
Pour nous et comme Brassens, ceux qui partent, ce sont des copains d’abord, mais on pense aussi à ceux qui vont rester sur le radeau de la méduse, le CHSCT y veillera.

On aurait pu en tant que syndicalistes, faire durer les choses en racontant comme Fugain une belle histoire à la Direction, mais nous sommes aussi responsables et avons préféré la négociation. Si elle fut laborieuse au début, c’est à FO qu’on en doit le dénouement, nous ne souhaitions pas que vous pensiez comme Guy Béart, qu’il n’y avait plus d’après.
Nous les avons accompagné jusqu’au bout, en participant à la commission de validation pour les volontaires au départ.

Il est probable que vous les verrez dans un prochain jour vous annoncer comme Gainsbourg : je suis venu te dire que je m’en vais…..ils feront comme bon leur semble un pot ou pas, on y retrouvera les foules sentimentales de Souchon.

Voilà, c’est fini, comme disait Jean Louis Aubert

On espère quand même que la clientèle restera, même s’il deviendra difficile pour elle de trouver en magasin la Brave Margot de Brassens, le Ma Nanette de Zachary Richard, le Michel de Léo Ferré ou le Thérèse de Zanini.
Dominique, on espère que tu garderas le sourire, comme la sœur du même nom, dans ta cour des miracles.

Bonne continuation et on espère comme Trenet que pour vous il y aura de la joie et que le matin vous vous réveillerez en chantant comme Béart.

On empruntera le dernier mot à Adamo pour vous dire : Inch’ Allah ♪ ♫

La section FO Fnac Lille

*Michel Sardou – Jean-Loup Dabadie / Jacques Revaux – Jean-Pierre Bourtayre

Salut *
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Coup de gueule d’un disquaire d’une Fnac…

P.S.E. Un seul sucre pour faire languir plusieurs chiens. Je me demande si quelqu’un quelque part prend du plaisir à nous voir ainsi tous faire le beau. A jouer avec des situations, des personnes, des vies, des familles…
C’est une loterie sans gagnant finalement. Six mois que ça dure…Et c’est pas fini.
A enrober une démarche purement dégueulasse sous les oripeaux de l’accompagnement fraternel et de l’aide financière (la carotte ultime). Et tout ça le sourire aux lèvres.
Bien sûr qu’on vous aidera pour votre projet, nous sommes là pour ça voyons. On vous insufflera l’espoir… avant de vous briser les deux genoux. Merci qui ?

L’Entreprise (avec un grand E) déshumanise à vitesse grand V. L’Humain ne compte plus, c’est devenu une denrée périssable.
On brandit d’abord la menace et l’on pointe du doigt, sous couvert de savants calculs : « Bidule, Truc et Machin vont être licenciés, z’ont pas assez de points, comprenez ? ».
Puis, bien vite, on se ravise parce que ça commence à gueuler bizarrement.
S’agirait de paraître humain : « Nan mais les départs volontaires seront aidés hein, faut pas croire, et sous une avalanche de biftons encore»…
Mais tu nous as pris pour des stripteaseuses ???
Traduisez : plus vite tu nous laisses ta clé de casier, mieux ce sera. Traduisez encore: Plus vite ce P.S.E. est torché, plus vite on lancera le suivant. Et là faudra plus venir chialer d’avoir queutchi, on a mis toutes nos billes dans le premier.
Tout ça étalé sur des mois histoire de bien verrouiller le truc pour se protéger mais aussi de bien pourrir l’ambiance, d’instaurer un climat de soumission, de briser des équipes, de créer des tensions… Tellement pourri qu’au final, on se retrouve avec plus de volontaires dis donc ! On a peut-être pas viré assez de monde finalement…Y’a des magasins c’est l’équipe entière qui veut se casser !

On passe nos journées à essuyer les plâtres de votre politique d’entreprise devenue incompréhensible. On courbe l’échine, conscient du naufrage.

Et dire que nous étions passionnés…