Honnêteté tyrannique…

Dans quelle fnac allons-nous vivre ? Pas celle que les salariés ayant un peu d’ancienneté ont connue. En effet alors que les commissions de reclassement liées au dernier plan social en date ne sont pas encore achevées, n’est il pas déroutant de voir que, parmi les disquaires, ceux qui ont la mine la plus réjouie sont les collègues qui vont nous quitter. Cela n’est pas l’image que les médias nous montrent des plans sociaux : tristesse, désolation, angoisse du lendemain. Est-ce à dire que ceux qui partent vivent cela comme une libération ? Comme des otages enfin libérés, comme les trouffions au moment de la quille (ça, non plus, les plus jeunes ne connaissent pas). Ou, comme un camp de travail qui ouvrirait enfin ses portes.

L’ambiance « Camp de travail » semble être celle qui s’instaure depuis peu dans les magasins. Faut-il y voir une relation de cause à effet avec des documents émanant de la direction définissant, au nom du diktat du NPS, des comportements « hors jeux ». Tolérance zéro*, hors jeu, certains ne manqueront pas avec une honnêteté tyrannique* de nous rappeler aux ordres à la moindre incartade.

L’image d’une république bananière, avec son armée de Généraux et de Colonels, tous plus indispensables les uns que les autres, pourrait aussi être celle qui vient à l’esprit imaginatif de certains observateurs. Même les sans grade prennent des galons et une importance qu’ils n’ont pas. La désorganisation des magasins y est pour beaucoup, l’absence de responsable dans certains départements faisant le reste. C’est pratique de déléguer les tâches administratives à certains collègues dont cela n’est pas le métier au départ, mais à l’heure où la direction insiste sur la satisfaction client, nous sommes de moins en moins nombreux pour y parvenir. Et quand d’autres prennent des initiatives qui n’ont rien à voir avec leur métier, juste pour ne pas être en reste, cela se complique encore…

* oxymore emprunté à un petit homme politique,

* oxymore non moins célèbre emprunté à un très grand poète

 Honnêteté tyrannique…

Lille : Dominique Pfinder, disquaire, 34 ans à la Fnac, à mêler " boulot et plaisir "